Né en 1945. Etudie d'abord la physique puis, tout
en écrivant des poèmes et des critiques littéraires, traduit
des auteurs tels que Kurt Vonnegut, John Updyke, Jack Kerouac , Richard
Brautigan. Il aime les voyages, et, très intéressé par
la civilisation de la Grèce, il séjourne dans ce pays entre
1975 et 1978. De retour au Japon il fait la traduction pour les sous-titrages
de tous les films de Theo Angelopoulos.
En 1984, il publie un premier roman "La stratosphère
des matins d'été" (non traduit en français), adaptation
contemporaine de Robinson Crusoé. En 1987, avec "La vie immobile"
il obtient le prestigieux "Prix Akutagawa" dont il est maintenant un des
jurés. En 1994 il s'installe à Okinawa d'où il peut exercer
ce regard "décentré" très personnel qu'il définit
lui-même comme "un moyen d'examiner la civilisation contemporaine
d'un point de vue primitif, non civilisé" qui explique aussi pourquoi
il situe souvent ses romans dans des îles du Pacifique sud.
Dans son oeuvre très originale faite de romans,
recueils de nouvelles, récits de voyages, Ikezawa brouille les pistes
du réel et de l'imaginaire, posant des questions métaphysiques
avec des images fascinantes de poésie.

"La vie immobile" (Editions Philippe Picquier
1995, Picquier poche 2001) : recueil de deux nouvelles, "La vie immobile",
Prix Akutagawa 1987, et "L'homme qui revient".
La rencontre est au coeur de ces deux
récits,
ancrés dans la réalité comtemporaine, celle de l'informatique
et de la technologie, au carrefour de la science-fiction et du roman d'aventures,
du rêve et de la réflexion. Au travers d'une amitié mystérieuse
dans le monde de la spéculation boursière ( "La vie immobile"),
d'une expédition à la recherche d'une cité perdue ( "L'homme
qui revient" ), ces récits, traversés d'images prenantes par
leur simplicité même un peu d'eau qui tremble dans un
verre, des flocons de neige voltigeant à la surface de la mer, un
drap qu'un souffle de vent anime parlent aussi de l'importance
de certaines rencontres, de la transprence et de l'opacité des êtres,
d'autres façons d'être au monde. Il est difficile d'échapper
au "réalisme magique" de cet écrivain singulier, à l'envoûtement
de certaines images. Il est difficile d'échapper à l'intrusion
de l'étrange, du mystère qui voudrait nous dire que, peut-être,
"la vraie vie est ailleurs".
acheter ce livre directement sur Amazon!

"Des os de corail, des yeux de perle" (Editions
Philippe Picquier 1997) : recueil de trois nouvelles, "Des os de corail,
des yeux de perle" (1990), "Espérance"(1989) et "Voyage vers le nord"(1995).
Avec Ikezawa, on dirait toujours qu'une voix séjourne
parmi nous. Une voix qui
ne
semble pas d'ici, mais dont il est permis de capter la rumeur à la
faveur de certains no man's land propices aux dialogues avec l'invisible
: les champs neigeux
de "Voyage vers le nord", ou ce repli du temps, juste après la vie,
quand les os retiennent encore un peu de l'âme aimée qui se
disperse ( "Des os de de corail, des yeux de perle" ). Ses nouvelles dans
leurs dénouements scintillent, légères comme des surprises
: guirlandes d'un Noël de fortune après le dernier voyage; sourire
où disparaissent l'inquiétude, la tempête et le doute;
un peu de bleu, enfin, première couleur après l'âpreté
d'un étrange rite funéraire, en signe d'harmonie avec le monde.
Comme un peintre, il sait placer la lumière, réserver les transparences.
Il excelle à disposer une scène de neige, des rires de jeunes
filles dans le soleil, un banc de poissons minuscules filant dans les
profondeurs. Il sait aussi désigner un point invisible au centre
de son tableau, et faire de l'impalpable un objet de légende.
acheter ce livre directement sur Amazon!
"Tio du pacifique"(Editions Philippe Picquier
2001) : recueil de dix histoires initialement destinées aux enfants
(1983-1986).
Dix histoires tendres et féériques,
dans lesquelles Tio,
jeune
garçon vivant dans une île du Pacifique, raconte ses rencontres
avec des visiteurs curieux de son petit monde entre ciel et eau, et fait
partager au lecteur sa vision du monde et de son développement ,
à la fois innocente et pespicace. Tio a une douzaine d'années
et son île "a la forme d'une papaye coupée en deux dans le sens
de la longueur". De la plage à la barrière de corail, du volcan
à la jungle, il nous parle de l'importance de certaines découvertes,
de trésors cachés et de légendes. Recueil d'histoires initialement
destinées aux enfants et publiées dans des revues pour la jeunesse.
acheter ce livre directement sur Amazon!
"La Soeur qui portait des fleurs"(Editions Philippe
Picquier 2004)
Ikezawa s'est inspiré de faits réels survenus dans les années
1980 pour élaborer la trame de ce roman qui célèbre la
force rédemptrice des liens fraternels. Un jeune peintre japonais,
Tetsurô, voyage dans le paradis tropical de Bali, en quête d'inspiration.
Happé par une rencontre féminie néfaste, il devient héroïnomane
et se retrouve en prison en Indonésie pour détention de stupéfiants,
charge passible de la peine de mort dans ce pays. Sa soeur, avec qui il
partage depuis l'enfance une complicité sans faille, va lui porter
secours de manière opiniâtre et dévouée. Bravant les
avocats véreux et les juges corrompus, dans un pays qui n'est pas
le sien, Kaoru devra se fondre dans les patiques locales et s'inspirer
de la dévotion et des prières balinaises, pour trouver la force
de sauver Tetsurô.